vendredi, 01 janvier 2010

Langueur hivernale

Depuis maintenant trois semaines, le froid s'est abattu sur nos contrées. La nature s'est assoupie et ma terrasse a changé de visage. Triste présage d'un devenir sibyllin. La déprime s'installe avec les engelures qui l'accompagnent.  On repense alors à ces cieux lumineux où l'automne naissant ménageait nos sens. Nous songeons à Florence, à « cette reine du Moyen Age » où la civilisation fut réinventée avant d'être à nouveau détournée. Douceur trompeuse, la Toscane boudeuse aussi connaît le crépuscule et les gerçures de l'hiver. Point de moine, pour venir m'ouvrir une des chapelles de Santa Croce et l'ombre des palais fortifiés tant redoutés, jadis, n'a plus cet aspect terrifiant. Florence est devenue ce « musée plein d'étrangers » que dénonçait déjà l'écrivain à son époque. Cependant, plus la silhouette de Santa Maria del Fiore que la blancheur morbide de Saint Paul. En cette antique cité, même le gothique des Allobroges a été domestiqué. Le beffroi du Palazzo Vecchio domine toujours de sa belle hauteur, les clones factices répandus à son pied. Mais, la raison n'a pas déserté cette fière enceinte. Le génie reste tapi et rejaillira lorsque le thyrse brandi annoncera, à nouveau, le cortège des muses.

Qu'importe, de chercher son lendemain, de vouloir l'augurer ; quelle folie ! Saisissons le court présent, avant que les lèvres assassines du futur ne mordent définitivement notre réalité. Célébrons le soleil invaincu, en attendant à l'image du poète, Dionysos sous un hêtre feuillu.