J’avais ébauché cette réflexion il y a quelque temps. Puis, je l’avais mise de côté pensant qu’il était inutile de s’épandre sur un sujet qui n’en valait pas la peine et sur lequel je ne m’étais que trop étendu. Cependant, cet été à Rome, il a fait très, très chaud. Il fallait bien occuper le temps dans un appartement climatisé entre treize et seize heure. J’ai donc réouvert ce dossier et achevé ce texte ; même s’il demeure très imparfait. Mais, il est évident que le sujet est secondaire ; seules les motivations qui l'ont vues naître sont importantes.      

   ***

 

 Inouï, époustouflant, tout simplement stupéfiant, je viens de lire une nouvelle préface : celle de Pierre Brunel sur Rome, Naples et Florence de Stendhal A force de me livrer à ce type d’exercice, je vais devenir un amateur en me spécialisant dans les avant-propos, préambules ou introductions de toutes sortes. Sans doute, me suis-je dis, face à la déception que j’avais ressentie devant les affirmations de Michel Crouzet qu’il me fallait vérifier, infirmer ou pire affirmer que notre spécialiste était dans le vrai pour ébranler cette certitude qui auréolait ce qui ressemblait fort à un début de conviction. J’y suis donc allé, à reculons, prêt à m’infliger un châtiment masochiste ou à déclarer mon mea culpa si d’aventure, je me laissais convaincre par une argumentation autrement plus sérieuse que les déclarations grandiloquentes et surtout sans fondement d’un styliste dont la prose cultivait l’invraisemblance.

Deux styles totalement opposés se dévoilaient : l’un cherchant à se hisser au niveau de son sujet, avec comme objectif à peine dissimulé de nous vendre sa conclusion ; l’autre, se contentant de garder une distance nécessaire, de conserver la froide analyse du chercheur tout en présentant l’œuvre. La méthode de l’un procédait de la prise d’otage intellectuel trahissant une culture idéologique propre à l’endoctrinement tandis que l’autre se contentait d’introduire le texte. Pas une seule fois, Pierre Brunel n’accole l’adjectif de romantique à Stendhal. L’absence du mot trahi la volonté manifeste de ne pas vouloir l‘employer. Force est de constater que la question est loin d’être tranchée même parmi  les spécialistes. Comment pourrait-il en être autrement, lorsque l'on sait que ce dernier a été détesté par les romantiques incontestables tels que Hugo ou Flaubert ?    

 Et pourtant, quelque chose m’interpellait au plus profond de moi. Comment diable, un homme (Michel Crouzet) ayant une expression aussi léchée, trahissant une érudition évidente pouvait-il, à ce point, se fourvoyer en lançant de semblables assertions sans ressentir la nécessité de les démontrer ? C’est ainsi qu’en parcourant cette crouzaique pensée, qui est autrement plus plaisante à lire que ne l’est celle de F*** V***, je me suis retrouvé devant ce mur d’incompréhension qui dans bien des cas se traduit par quelques charlatanesques épithètes et un haussement d’épaule méprisant mais qui dans cette situation précise suscitait l’interpellation obsessionnelle.

 J’avais déclaré voici quelques temps maintenant que je n’allais pas me coltiner toute la prose de cet « illustre » universitaire afin de connaître le comment du pourquoi de cette manifeste assurance dans la thèse au point de négliger le commun du vulgaire que je représente d’insolentes exégèses. Je vous rassure tout de suite, je ne l’ai point fait. Et pourtant, j’ai voulu en savoir plus sur cet incontournable magister qui ne figurait même pas dans Wikipédia. Assurément, tout comme pour F*** V***, l’approche d’une semblable source de connaissance, dont F*** V*** n’en est qu’une des nombreuses saillies, mérite un cheminement parménidesque qui ressemble fort à un rite initiatique. D’abord, il nous faut faire une approche de la source (recherche de l’œuvre de Michel Crouzet : j’explique pour le commun des mortels – je sais, je sais il faut parfois être un peu didactique) qui n’est déjà pas une mince affaire. Puis, tenter de suivre les méandres, pénétrer les arcanes neurologiques de la « Bête » ; ce qui n’est certainement pas le plus simple, non plus.

Procédons méthodiquement ; c’est la condition sine qua non de toute réflexion cartésienne.

Concernant la réunion d’une base bibliographique solide, ce fut déjà un chemin de croix. Comme je l’ai déjà dit, il n’y a rien sur Wikipédia. Comment peut-on prétendre exister lorsqu’on ne figure pas sur Wikipédia ? Je partais donc, déjà, avec un handicape quasi-insurmontable  en m’intéressant à quelqu’un de quasi-spectral  Cependant à force de courage et d’abnégation (de ma part, bien-sûr), j’ai réussi à me remotiver et tenter de remédier à ce déficit non point budgétaire mais de semence apologicocrouzaïde en espérant trouver sur amazon.fr mon bonheur. Force de constater que la persévérance paie. Le résultat a dépassé toutes mes espérances et devant la somme inespérée de cette production littéraire qui se dévoilait ainsi à mes yeux, je fus forcé de dresser rapidement une typologie digne de ce nom (méthodologie forever ! Serait ce le style trop classe de F*** V*** qui m’influence ?). 

Dans un premier temps, j’ai rassemblé tous les ouvrages où Michel Crouzet figurait en tant que préfacier :

 

 

(Pourquoi diable sur amazon.fr, ils mettent deux points suivis d’une virgule ?) 

 

Jusqu’ici, je me suis dit innocemment que nous avions affaire à un brillant spécialiste de la préface et de la chronologie stendhalienne. Mais quelle ne fût pas ma stupéfaction en découvrant qu’il était aussi un écrivain et qui méritait qu’on si intéresse autrement que par le sarcasme et l’ironie :

 

 

Et oui, qui pouvait imaginer qu’il était le sublime coauteur de ces œuvres là ? Certainement pas moi. Le coup était rude, terriblement dévastateur.

 

Abasourdi, j’ai tout de même relevé les publications où il figurait en tant qu’essayiste  ou de biographe et j’ai noté : 

              

 

Il ne manquait à cette déclinaison de l’œuvre qui se voulait extrêmement éclectique, que Stendhal chez les putes ou le rôle de la maison close dans la formation de l’imaginaire stendhalien sur le modèle de Oui-Oui en vacances ou de Oui-Oui fait du jardinage.

Trêve de plaisanterie. La formulation d’un de ces titres m’interpellait plus que les autres ; à savoir : Rire et Tragique dans  la Chartreuse de Parme. L’intitulé était évocateur et correspondait à mon interprétation de la Chartreuse de Parme. J’avais déjà remarqué dans la préface des Promenades dans Rome, combien Michel Crouzet amalgamait le tragique et le romantisme supposé de l’œuvre et de son auteur. Assurément, cet ouvrage devait comporter un début de réponse à toutes mes interrogations. Malheureusement il était épuisé  Trop de succès ?  Puis, je dois être honnête : s’il avait été disponible, l’aurais-je acheté ? Non, bien-sûr ; la déconnade a des limites.

Incontestablement, l’homme était compétent et manipulait avec aisance la rhétorique philosophique. Mais comment pouvait-il associer Dionysos avec le romantisme ? Certes, nous pouvons trouver du tragique dans le romantisme mais le romantisme ne saurait être tragique ; il est antithétique.  C’est alors que j’ai découvert cette interview de cet universitaire dans : 

La Pensée du paradoxe : Approches du romantisme, Hommage à Michel Crouzet de Fabienne Bercegol, Didier Philippot, et Collectif.

Le titre de l’ouvrage était à lui seul tout un programme et fournissait en partie une réponse à mon interrogation. Assurément, notre universitaire aimait cultiver les paradoxes. Le problème est que d’associer romantisme et tragique n’était pas un oxymore, pas même un paradoxe  mais un non sens. J’ai lu cet entretien qui tourne vite à la panégyrie de l’auteur par son disciple. Cette dernière manque singulièrement de recul et se contente trop souvent d’infirmer les affirmations de son mentor qui en retour lui offre son onction tout en lui permettant de se faire valoir. Nous étions dans le domaine de la connivence et de l’autocongratulation propre au milieu universitaire qui n’est lu par personne si ce n’est que par lui-même. De toute façon, pouvait-il en être autrement dans un livre qui se proposait de rendre un hommage. Malgré tout, on saisi à travers ses allégations un certain nombre de choses qui permettent de cerner un peu le personnage ou du moins de s’en faire une idée. 

 

Que dire ? Nous avons là une analyse brillante du déclin de la littérature associé à une décadence culturelle. Malheureusement pour notre universitaire, le constat qu’il dresse, d’autres avant lui l’avaient déjà fait. Non, ce que j’ai découvert dans cette interview, c’est que Michel Crouzet est un homme amoureux. Un homme amoureux de Stendhal, me direz-vous à la lecture de sa bibliographie (voilà à quoi sert la méthodologie) ? Pas nécessairement. Je crois singulièrement que notre préfacier est avant tout épris de lui-même et que Stendhal est avant tout son faire valoir. En faite, je crains fort qu’il s’auto-applique ce phénomène de cristallisation que l’auteur de la Chartreuse a défini[1].

Prenez un professeur es Lettres qui arrive à l’âge de la retraite et jetez le au fond d’une mine de sel abandonnée à Salzbourg. Laissez-le mariner quelques mois, puis remontez-le à la surface et obligez-le à se regarder dans un miroir. Il se verra recouvert d’une myriade « de diamants mobiles et éblouissants ». Son imagination aura ainsi réussi à recouvrir d’une doudoune d’illusions sa propre petite personne. Cependant, justice doit lui être rendue, il ne cache pas son romantisme qu’il proclame haut et fort. Pour le sauvegarder de tout soupçon, il n’hésite pas à nous montrer ses talents de contorsionniste grâce à une rhétorique rodée, pour éviter toute collusion entre ce qu’il dénonce et le principal responsable de cette catastrophe : à savoir le romantisme érigé en système.

Si je résume sa pensée, la principale cause de cette décadence est la modernité qui se construit sur le progrès matériel. L’homme moderne est un abruti qui refuse le progrès spirituel qui l’obligerait à sortir de lui-même pour aller explorer d’autres lisières représentées par « le désir, la création et la culture ». Il se contente d’avoir la panse pleine et se replie sur son moi seule, source de satisfaction, dans une sorte de bonheur naïf de contentement. Seul compte son égoïsme qui se traduit par un individualisme forcené. La principale conséquence, c’est la rupture du liant culturel qui « est solidaire du lien social, politique » ou historique.  Or, un des principaux révélateurs de cette crise culturelle, ce sont toutes ces idéologies qui se sont succédées depuis un demi siècle justement pour conjurer cette décadence. Elles se réclamaient toutes de cette modernité, de ce préjugé de la pensée critique qui s’appuierait sur un scientisme strict pour combattre l’imagination, c’est à dire la littérature. Ainsi, on aboutit à la primauté du politique, de l’action, de la civilisation seule apte à mettre en œuvre cette « vérité civilisatrice, de l’éthique, » qui « dépasse la littérature, occulte la culture. » Le résultat est  « le détrônement de la littérature, de la culture (le mot étant pris au sens traditionnel de culture des facultés de l’esprit, de toutes les facultés de l’esprit), par la réalisation : la réalisation pratique des valeurs idéales par la politique, ou leur réalisation légèrement distancée qui se fait dans l’engagement intellectuel, la transformation de l’intelligence, sommée de rallier au mouvement de l’histoire ». Et de citer Thomas Mann, qui oppose civilisation et culture.  

 Tout cela est extrêmement convaincant. Et on ne peut que plaindre notre génial mentor d’avoir été pris dans ce tourbillon de l’histoire. Même si l’on apprend que dans cette traversée des « dogmes et des systèmes », il en a été partie prenante, prisonnier avant de réussir à s’en « dégager complètement ». Pauvre vieux !  Comprenons bien que cet aveu n’a d’autre utilité que de mettre en valeur sa perspicacité et sa clairvoyance. Cependant, nous découvrons un peu plus loin qu’il ne s’est pas contenté de subir passivement toutes ces doctrines mais qu’il en a été un membre actif qui a précipité cet état de fait. Oui, il a été révolutionnaire ; il l’affirme tout en le claironnant et ne tient certainement pas à s’en excuser. Puis, le sens de ses propos devient mystérieux voire inquiétant. J’ai eu beau lire et relire cette phrase, je ne sais toujours pas comment l’interpréter exactement :

«  J’ai été révolutionnaire, j’ai même été humanitaire ; pourquoi pas ; si les idéologies absolues de gauche et de droite se retrouvent à égalité dans la criminalité politique, pourquoi ne pas rompre ce tourniquer en définissant la cause des causes, la cause de l’humain, supérieure aux partialités et refusant à égalité leurs conséquences meurtrières. »

J’imagine que derrière les termes d’ « idéologies absolues de gauche et de droite » il faut entendre le communisme et le nazisme. Je passe sur cette nécessité de mettre dos à dos les deux barbaries du XXe siècle, pour retrouver une certaine crédibilité, une certaine virginité parce que là nous frôlons l’indécence. Non, la naïveté consisterait à laisser penser que ces deux monstruosités n’avaient pas pour cœur l’humain comme réalisation finale mais simplement des « partialités » qui les ont rendues immondes. Or, je ne crois pas un seul instant que cet homme puisse être naïf. Il y a donc une volonté manifeste de maquiller afin de préserver de l’acte d’accusation les fondements même de ces deux idéologies, à savoir : l’humanisme (au sens moderne du terme) généré par les « Lumières »  et le romantisme. D’un seul coup, cette apparente crédulité devient une mauvaise foi manifeste, aggravée par la recherche d’une tierce responsabilité afin de justifier cette barbarie. Comment peut-on ne pas s’interroger sur les raisons intrinsèques  qui font que ces deux systèmes idéologiques sont noyautés, vérolés de l’intérieur et sont par essence meurtriers ? Alors certes, on peut effectivement nous ressasser l’éternel adage : « du pain et des jeux » pour expliquer la décadence de l’Empire romain et s’en prendre au matérialisme comme vecteur de déchéance mais la vérité est autre et ne saurait rester à l’écart d’un examen de conscience. Derrière ces deux idéologies se cachent des idéalismes qui méprisent la réalité et se servent de la modernité comme instrument pour parvenir à une postmodernité en adéquation avec leur imagination. Ce que l’on retient de la Renaissance ce n’est pas Copernic, ni Galilée encore moins Giordano Bruno mais Luther et l’imprimerie. Dans les deux cas, c’est un homme nouveau qui est l’objectif final, un individu débarrassé de ses « tares », transcendé par une exigence morale supérieure en conformité avec un idéal métaphysique. Les élans du cœur, l’exaltation des sens et des passions se conjuguent avec la foi. Toutes ses qualités évidemment romantiques ne sauraient être que le révélateur de cette vérité suprême. Ce n’est, au final, qu’une apologie du sacrifice autour d’une spéculation idolâtre du néant. Ce sont des idéologies qui trouvent leurs racines dans le manichéisme judéo-chrétien. Pour que nous puissions identifier le bien, il faut nécessairement que nous soyons en mesure de reconnaître le mal : les « fils de la lumières » s’opposent aux  « fils des ténèbres ». Apprentissage de la haine, exaltation de l’enfer et de la damnation, revanche du faible contre le fort, du pauvre d’esprit contre l’intelligence, du ressentiment contre le réel, de la rhétorique contre l’évidence et de la médiocrité contre la vie : le terrorisme  devient un moyen d’action efficace. Le monothéisme, qu’il soit athée ou religieux est le support de l’idéal quand il ne se confond pas directement avec celui-ci. Ma lecture de Stendhal m’amène à penser que non seulement il le pressent mais l’a très clairement identifié. Ce qu’il regrette, c’est qu’avec le modernisme et le progrès, le catholicisme se débarrasse du zest de paganisme  (Réforme, Savonarole, Inquisition) qui le tempère, ce reste d’intelligence qui transforme la sensation en pensée et non en émotion. Ainsi, entre-t-il définitivement dans un temps linéaire (Lumières, Révolution française) et surtout se dirige vers sa vocation apocalyptique comme l’a fait auparavant le protestantisme. A la différence de Crouzet, je ne crois pas un seul instant que la Religion réformée soit plus rationnelle[2] que le catholicisme. Débarrassé de ses spéculations théologiques par la prédestination, le protestant se recentre sur le dogme dont l’interprétation est atomisée par l’absence de lignes directrices en dehors de celles émises par les Ecritures. Il est certes plus pragmatique, plus réactif à l’égard du progrès technique et scientifique que le fonctionnaire du confessionnal mais il en demeure bien plus un illuminé du Royaume de Dieu.

L’homme nouveau, qui concentre sur ses épaules toutes les qualités de bonté, de beauté et d’honnêteté, s’oppose au bourgeois, au Juif voire à tout ceux qui n’entrent pas dans les critères « esthétiques » de la perfection sociale, raciale ou religieuse. Hitler, qu’on le veuille ou non, était certes un peintre raté mais un esthète. La chute du nazisme, puis du communisme pouvaient laisser penser que nous allions sortir de cet engrenage vicieux ; il n’en est rien. L’humanitarisme ou l’écologie humanitaire, dernier avatar du romantisme de gauche, s’est simplement substitué à ces opinions sans pour autant avoir renoncé à leurs idéaux premiers. Mais la mécanique est la même. La « victime » est devenue le totem que nous nous devons de vénérer. Elle est parée de toutes les vertus de pureté qui nous font défaut. La haine s’est simplement déplacée non plus vers une catégorie d’individus (quoique !) mais sur les fondements de cette société : c'est-à-dire sa culture. Pour ses fanatiques du sentiment, confrontés à la monstruosité qu’ils ont engendrée, ce n’est pas leurs spéculations qui est frelatées mais notre culture, notre histoire, notre civilisation occidentale incapable d’avoir mesuré la grandeur, la splendeur de leur pensée. Il en résulte une acculturation complète et ce n’est pas simplement l’axe chronologique qui a disparu en histoire, comme l’affirme Michel Crouzet, mais la connaissance historique même, noyée dans une sorte d’universalisme destinée à niveler l’importance de sa propre civilisation voire même, et je pèse mes mots, à la détester. Là encore, cela part de bons sentiments : il n’y a pas de culture supérieure aux autres, toutes se valent etc. Le résultat est pathétique. Dans les nouveaux programmes de sixième, on en vient même jusqu’à enseigner une Inde totalement fantasmatique qui n’a jamais existé : l’Inde des Gupta. Le lien social disparaît non point à cause du fait que l’individu est replié sur son moi mais parce qu’on l‘empêche d’aller vers les autres ; vers un liant collectif à travers un passé commun. Or, c’est tout de même l’objectif premier de l’histoire qui n’a de raison d’être que dans la civilisation. La culture n’est plus cette colonne vertébrale  qui permettait à l’individu de s’élever mais est jugée comme un facteur discriminant qui doit s’adapter à son public en ayant des exigences sans cesse revues à la baisse. Or la culture, la passion du Beau, contrairement à l’idée de Kant nécessite un investissement, un effort personnel qui n’est pas gratuit. Dire cela, c’est se mettre en porte à faux avec le système. Malheur à celui qui oserait émettre une réserve ; l’anathème n’est jamais bien loin. Il se verra aussitôt habillé de la bonne vieille panoplie du réactionnaire, raciste à tendance fascisante. Cette dernière fonctionne toujours avec autant d’efficacité dans les rangs du SNES et de bon nombre de syndicats de l’Education nationale. 

Michel Crouzet voit en l’année 1940, « le point de convergence » ou « d’origine » de cette déchéance culturelle. « Point de convergence », pourquoi pas si l’on considère cette défaite comme un bouleversement sans précédent de la société française. Mais alors, c’est reconnaître que cette décadence avait commencé bien avant. Dès lors, si nous suivons le raisonnement de l’auteur sur la genèse des idéologies, on doit forcément reconnaître que Pétain avait raison dans son diagnostique qu’il faisait de l’état de la France du Front populaire. Par contre, si c’est un « point d’origine »,  ça devient beaucoup plus problématique et mystérieux. L’année choisie n’est pas fortuite et trahissent ses engagements idéologiques qui dominent sa pensée. En effet, pourquoi ne pas avoir choisi l’année 1815,1870, 1918 ou 1944 ou encore 1946 ? L’influence quasi hégémonique des opinions de gauche issues du CNR[3], face à une droite (au sens qu’elle avait avant guerre) totalement discréditée a eu un impact déterminant. Il fallait privilégier les sciences au détriment des Lettres jugées comme trop élitistes, trop bourgeoises. 1968 fut un accélérateur de cette déculturation et aujourd’hui les facultés de Lettres ne sont que des voies de garage pour ceux, dixit Clément Rosset, qui ne savent et qui ne sauront jamais lire et écrire. Si le romantique du XIXe siècle avait été formé par la rigueur jésuitique, le romantique contemporain est un ignorant. C’est d’ailleurs ce que semble regretter Michel Crouzet en dénonçant le fait que les romantiques se soient rallier à la rationalité de la technoculture au détriment de l’esthétisme et de la littérature. Cependant, je ne pense pas qu’on lise moins aujourd’hui qu’au siècle de Molière. Mais à cette époque la littérature existait. Qu’en est-il de nos jours ?

Et c’est justement là que réside le problème. Or, nous ne pouvons pas faire l’économie de cette observation dont chacun en tirera ses propres conclusions. Jusqu’au milieu du XX° siècle, il existait une littérature. Le XVII° avait Molière, Racine, Corneille, la Fontaine etc., le XVIII° siècle avait Diderot, Voltaire, Beaumarchais etc. Idem pour ce qui est du XIX° siècle et du début du XX°. Parallèlement, nous remarquons que l’école libre, gratuite et obligatoire est apparue en France avec les décrets Ferry de 1881 et 1882. Les principes et les valeurs qui ont accompagnés cette volonté étaient tout à fait nobles, honorables et louables. On voulait instruire afin de libérer l’homme de la superstition, qu’il s’élève dans la société en l’exonérant de ses contingences sociales, exalter son âme civilisatrice afin qu’il sache pourquoi il allait féconder de son sang la bonne terre de France etc. Enfin, toutes ces bonnes idées terriblement romantiques. De ce point de vue là, l’école de Jules Ferry est parvenue magnifiquement à son objectif si l’on en juge par les résultats du carnage de la Grande Guerre. En 1945, l’Instruction Publique devient l’Education Nationale. Depuis, la littérature a été balayée, l’esprit critique dépassé (c’est l’âge d’or de la communication) et la culture est agonisante. N’y aurait-il pas dès fois,  mamzelle, quelques concomitances entre ces deux  phénomènes?                       

 

Pourtant, il y eut un texte, un écrit, qui au demeurant est resté dans l’obscurité d’une pensée dominante qui se moquait d’une voix discordante. Une analyse froide sans autre prétention que celle de dresser un constat amer d’une civilisation pétrie par « ces analystes du moi souffrant » qui voyait dans la «  prédominance du sentiment sur la raison, la même mystique diffuse, la même préoccupation de morale ou d'immoralisme, la même prépondérance donnée à la femme ou du moins au féminin. »[4] Cette étude était le fait d’une jeune Cassandre, âgée alors d’à peine vingt quatre ans, qui posait son regard d’une lucidité presque insoutenable sur cette Europe en crise, en pleine décadence culturelle. Alors qu’en 1927, Marguerite Yourcenar dressait son bilan sans appel et annonçait la catastrophe à venir en nommant précisément les fondements de cette hyperesthésie collective, d’autres, quelques dizaines d’années plus tard, apparentés à d’éminents commissaires politiques se déchiraient encore les monceaux du cadavre qu’ils étaient entrain de dépecer. Chacun, curieusement frappé de cécité et de surdité,  s’époumonant à bon escient de leur bonne foi alors qu’ils sont couverts de sang, s’accusant mutuellement de la responsabilité du crime ; ici aux existentialistes, là aux structuralistes ou encore à l’éternel : ni responsable, ni coupable, « je suis au-dessus des dogmes et des systèmes ». Merveilleuse Yourcenar, qui fait de son Zénon une incarnation de l’intelligence tragique, noyée dans un univers où les trépidations du sentiment se satisfont de la suie des bûchers. Il est le témoin solitaire, dans ce monde en pleine déliquescence qui gémit en regardant cet illuminé conjuguant dans une doctrine fumeuse le ressentiment à l’égard du riche à l’amour de Dieu et sautant « d’une barque pourrie à une barque qui prend l’eau.»   Sublime métaphore d’une époque et d’une décadence qui n’en finit pas de se complaire dans cette mystification et qui ne cesse de se satisfaire du sacrifice expiatoire de cette « sorcière occupée à pisser malicieusement dans un champ afin de conjurer la pluie sur le blé déjà à demi pourri par d'insolites averses ; il l'avait jetée au feu sans autre forme de procès ; on se gaussait de cette sibylle qui croyait commander à l'eau, mais n'avait pas su se garer des braises.[5] »  

 

L’opposition entre culture et civilisation, sur laquelle insiste notre préfacier pour expliquer cette décadence est effectivement très plaisante. Cependant, cette analyse de Thomas Mann ne peut être sortie du contexte d’un homme qui a vécu la défaite de son pays en 1918 et qui cherche désespérément à la comprendre. Contrairement à notre universitaire, je ne crois pas un seul instant que ça soit la civilisation qui domine aujourd’hui. Je pense plutôt que c’est l’absence de civilisation qui a provoqué ce déclin. Le politique est pratiquement inexistant aujourd’hui et complètement discrédité. Il se contente de gérer les affaires courantes sans insuffler de projet collectif. Il se rallie démagogique ment à l’émotion qui a force de droit. Stendhal le pressentait si bien qu’il préconisait un gouvernement autoritaire qui respecterait la liberté d’expression, seul capable de protéger l’art et d’insuffler une direction. C’est pour cette raison qu’il a de la sympathie pour le gouvernement du pape et non pour le catholicisme. Cette « grande machine de civilisation et de bonheur éternel, nommée christianisme. » a laissé le champ libre à un mouvement idéologique auquel appartient le romantisme, qui s’est emparé du champ d’action et a imposé sa vision du monde ainsi que ses valeurs morales. Thomas Mann a raison d’assimiler le roman à la civilisation et non à la culture dans la mesure où celui-ci s’applique à diffuser ses codes moraux à travers des idéaux, des dogmes qui ne souffrent d’aucune contestation de la subjectivité du lecteur qui a été élevé dans un environnement religieux en adéquation avec ces valeurs.  Il est donc une arme idéologique, un programme politique, qui se sert de l’émotion comme support de sa morale pour combattre un pouvoir établi. Le roman est donc avant tout politique, à la différence de la musique, de la peinture et de la sculpture… Il est un cheval de Troie qui va s’immiscer dans l’univers culturel mais son esthétisme et subordonné à sa finalité idéologique. Je crois que Stendhal le voyait si bien, qu’aujourd’hui, je m’interroge encore sur l’interprétation réelle qu’il faut donner à cet extrait de la Chartreuse : « La politique dans une œuvre littéraire, c’est un coup de pistolet au milieu d’un concert.»  Il n’est d’ailleurs pas étonnant que cette décadence culturelle commence avec l’apparition du roman comme genre littéraire majeur. D’abord lu majoritairement par des femmes, il va devenir au XVIIIe siècle le support et le relai des idées des Lumières.

Enfin, cet antagonisme entre culture et civilisation ne m’était pas totalement inconnu. Friedrich Nietzsche dans  La Philosophie à l’époque tragique des Grecs annonçait déjà : « Une époque qui souffre de ce qu’on appelle la culture générale, mais où la civilisation fait défaut et qui ne possède aucune unité de style dans sa façon de vivre, ne saura rien entreprendre à bon escient si elle mobilise la philosophie, quand bien même celle-ci serait proclamée dans les rues et sur les marchés par le génie de la vérité en personne. »

Constat judicieux, parfaitement actuel qui résume bien notre difficulté. Thomas Mann est un grand lecteur de Nietzsche contrairement à notre universitaire.

 

Pourtant, Michel Crouzet mobilise systématiquement la philosophie pour nous convaincre de la justesse de ses propos. Elle n’est plus un moyen pour parvenir à une connaissance, mais elle est instrumentalisée afin de crédibiliser une conviction. La philosophie est ainsi mise au service d’une idéologie. C’est ce qu’il y a de plus gênant. La conclusion de sa quête, il l’a détient. Alors, qu’elle besoin a-t-il de nous assommer de soi disant paradoxes qui ne sont en réalité que de la rhétorique destinée à nous faire accepter ses affabulations ? La réponse parait évidente, à posteriori. C’est la fragilité de ces dernières qui pousse son auteur dans ses retranchements. Notre universitaire est romantique. Il ne cesse de le proclamer à qui veut l’entendre. Il a été un révolutionnaire vraisemblablement marxiste. De plus, nous apprenons qu’il est croyant à travers cet entretien (Nul n’est parfait !). Même si depuis ma lecture de sa préface des Promenades dans Rome[6], ce n’était plus un mystère.  Cependant, j’observe que ces temps derniers, les thèses marxistes ont pris du plomb dans l’aile, que le romantisme n’est pas au meilleur de sa forme et quant à la religion, elle a toujours été très problématique pour un chercheur. Des lors, il y a cette nécessité de légitimer à nouveau un système de pensée (bien qu’il réfute la notion de système et pour cause…) qui se trouve ébranlé. De là, cette exigence d’en appeler tout azimut à la philosophie pour justifier de ses invraisemblances. En fait, ce procédé était connu.    

Nietzsche (encore lui) proposait de démasquer ce type d’imposture à travers sa critique généalogique. L’argumentation énoncée de ses évangélisateurs ne sert à traduire en réalité qu’une mauvaise foi. Son idéal romantique, qui n’est que l’aboutissement de sa croyance, est un fétichisme. C’est une idole qu’il habille d’une ontologie morale c’est-à-dire d’un « système de jugements de valeur qui est en relation avec les conditions d’existence d’un être ». C’est donc une idéologie particulièrement contre nature fondée sur une métaphysique qui fabule autour du néant. Par haine de la vie, par haine du réel et du devenir, on falsifie cette dernière au profit d’une espérance fantasmatique d’un Dieu à son image. Pour y parvenir, le croyant créait un ensemble de jugements de valeur qui fixent les normes de l’action par quoi un individu va tenter d’asservir le monde à ses intérêts. Sa philosophie n’a donc pas pour fonction, de chercher la vérité mais de prouver à priori ses croyances. La sentence de Nietzsche sur cette conviction qui sous entend l’idéalisme métaphysique est sans appel : « Une idiosyncrasie de décadents guidés par l’intention cachée de se venger de la vie… »

A partir de cet instant, le paradoxe qui n’en est plus un, devient une règle légitimée par la conclusion. Stendhal peut donc être à la fois romantique et tragique, chrétien et athée et « une illusion peut être une vérité » (comme je l’ai découvert avec stupeur en lisant un article de Catherine Mariette, sur internet, qui relatait la prestation de notre chercheur lors d’une conférence devant les auditeurs médusés de l’association Stendhal). Cela devient du n’importe quoi ; mais seule la fin justifie les moyens. La fragilité de son argumentation nécessite que son sujet se conforme à sa vision romantique et nous en arrivons à cette stupidité dite « paradoxale ».

Comment une débilité aussi énorme peut être ne serait ce que prononcée ? Nous l’avons dit, Michel Crouzet est romantique, révolutionnaire et catholique vraisemblablement pratiquant. Or, le principal opposant à ses thèses est l’objet même de ses élucubrations. Dans la préface des Promenades dans Rome, il écrit : « S’il y a esthétique, si la réalité est idéalisable, c’est au nom de cette vérité plus fondamentale qu'il y a un seul amour, que le divin est au terme d'une conversion, d'une dramatisation, d'un épanouissement de l'amour. »  Le problème pour notre prêcheur, c’est le contenu que donne Stendhal au sentiment amoureux. Dans De l’Amour, il définit cette passion comme une illusion, une supercherie (c’est la fameuse cristallisation amoureuse dont nous avons déjà parlé plus haut). Nous sommes effectivement bien loin d’un amour transcendant, source de vérité métaphysique auquel nos amis les romantiques se plaisent à gémir en nous assommant de leur éthique apologétique. J’imagine que notre prédicateur a du passé de nombreuses nuits tumultueuses avant d’avoir cette révélation tonitruante à savoir : qu’ « une illusion pouvait être une vérité ». Chapeau bas ! Nous avons dépassé et de loin la « fiction plus forte que la réalité » de sa disciple trop cultivée qui s’adonne à la collection Harlequin, toute en la dénigrant. Pourtant, ne dit-on pas que les plaisanteries les plus courtes sont de loin les meilleurs ? La sienne, cela fait onze ans qu’elle dure. A ce niveau là, ce n’est plus de l’humour mais bien un amour qui ne s’assume pas. Témoin ubuesque de cette décadence, de cette déculturation complète de notre société alors même qu’elle se propose de nous donner de la Kulture (Nous sommes là aussi devant un cas de cristallisation amoureuse narcissique ; tel maître, telle élève). Lâcheté d’assumer jusque dans ses goûts modelés par l’universel mensonge de ceux qui ont fait de l’amour une imposture et qui ont réduit la culture à une spéculation eschatologique. Honteuse d’avoir ainsi été interpelée par ce qu’elle juge comme une sous littérature qui pourtant est construite sur les mêmes codes par des auteurs qui ont lu la même chose et dont leurs émotions ont été façonnées dans la même matrice, elle s’invente une hypothétique farce pour lui permettre de satisfaire son goût. Schizophrénie totale de celle qui haït ce qui est devenu si populaire, si accessible par ce pastiche à ce néant qu’elle vénère. Et pourtant, quelles différences existent-ils entre Margaret Mitchell et ce type de publication ? Cette atrophie de la raison l’amène à  excommunier, rejeter ou ostraciser quiconque vient perturber sa belle mécanique à illusions, n’hésitant pas au besoin à utiliser l’outrecuidance  pour masquer son ignorance. Mais nous n’y trompons pas, sa grossièreté n’est l’apanage que de sa faiblesse, et lui évite de se confronter à elle-même, dans ce miroir si intransigeant qu’est la réalité. C’est tellement plus facile de tourner en dérision un élève qui ignore que Diderot était un auteur de XVIII° S ; ou que parfois, il faut mieux passer vingt minutes avec un lycéen qui n’a rien à dire (au moins, il est honnête) que de rester cinq minutes avec une agrégée de Lettres modernes dont la sottise suinte à chacune de ses prestations. Une enseignante qui ignorait même jusqu’au nom d’Empédocle et qui croyait qu’un androgyne, c’était une femme qui avait plusieurs hommes. Piétiner les plus faibles pour pavoiser et s’en servir comme d’un piédestal a toujours été son leitmotiv afin de se démarquer de la masse qu’elle méprise. Enfermée dans les limites étroites de sa culture formatée, elle avait la bêtise de ceux aux goûts appris. Elle propose de lire Kant en Moldave ! Au-delà de l’allusion fétide d’une telle répartie, qu’elle se contente déjà de le lire en Français ; l’intelligence en sera favorisée. Oubliant sans doute que la culture est le fruit d’un long procédé alchimique qui transforme la chair de nos aïeux en diamants ; elle n’avait tout au plus réussi à changer ces étincelants gemmes  en pestilentielle tourbe visqueuse. Fuite perpétuelle, autisme caractérisé de celle qui, pour exister dans sa médiocrité, n’hésiterait pas une seule seconde à éliminer les témoins de son incurie à la manière de Martha qui, dans l’Œuvre au Noir, condamne son demi-frère aussi sûrement au bûcher que ceux qui ont prononcé la sentence. Tout simplement, parce que Zénon « l’avait vu nue : il avait deviné le vice mortel de lâcheté qu’elle portait en soi, invisible à tous ceux qui la prenaient pour une femme forte.[7] » Sa veulerie n’est que la partie émergée de son obscénité : elle exècre le subversif qu’elle ne sera jamais. Tristesse effroyable pour celui qui voulut la voir grandir et qui se rend compte que son chemin ne l’avait menée que du 9e au 19e arrondissement.                

 

To the happy few[8]

 

Ps :

Pour en finir avec Crouzet, j’observe combien celui qui a un peu de culture est supérieur à son interlocuteur. Il attire l’attention sur cette nécessité de respecter le « jeu des titres courants » parce que le sommaire final les modifie. Et il soulève à la suite de Massimo Colesanti, l’anecdote suivante : un garçon de cabaret gratifie le pape Léon XII d’un compliment équivoque : E un vero leone. Dans les titres courants de l’édition originale, nous ne trouvons plus qu’un T*** pour désigner le pontife. Le T***, pour tyran évidemment et de s’interroger sur le caractère énigmatique de cette allusion. Stendhal a une culture classique. Contrairement à Crouzet et consort, il a lu Hérodote. Il sait depuis la prophétie de la Pythie sur Cypselos de Corinthe que le lion est identifié à la tyrannie. C’est le cas aussi pour Léonidas de Sparte qui sera sacrifié aux Thermopyles par ses concitoyens. Le dire de cette façon, oriente évidemment le lecteur vers cette signification sans même qu’il n’éprouve le besoin de regarder la table des matières. Mais comme il écrit pour des happy few, il faut expliciter (en clair, c’est de l’humour). C’est une allusion certes, mais pas une énigme.             

 

 



[1] De l’amour ; Stendhal 

[2] Préface des Promenades dans Rome

[3] Conseil National de la Résistance

[4] Diagnostique sur l’Europe ; Marguerite Yourcenar, 1927

[5] L’œuvre au Noir ; Marguerite Yourcenar

[6] Stendhal

[7] Sublime Marguerite Yourcenar.  

[8] Au sens que Stendhal lui attribue